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Claudia Nussbaum

© Claudia Nussbaum

Claudia Nussbaum

Feldenkrais

1. Enfant, tu rêvais de...
Je voulais être infirmière le matin, cavalière l’après-midi et Petit Rat de l’Opéra entre deux, comme dans les livres de Martine. Mes héroïnes s’appelaient Fifi Brindacier et les Drôles de Dames : des femmes libres, créatives, courageuses et un peu décalées, capables de trouver des solutions là où personne ne les
attendait.
Avec le recul, tous ces rêves racontaient déjà ce qui m’anime encore aujourd’hui: prendre soin, explorer, créer, bouger, rire et ne jamais entrer tout à fait dans une seule case.

2. Ton parcours en quelques mots...
Depuis toute petite, la danse contemporaine fait partie de ma vie. À l’adolescence, mes pas m’ont conduite au studio de danse de la rue de l’Évole, à Neuchâtel, où ma rencontre avec Mone Perrenoud a profondément marqué mon chemin. Mentor précieuse, elle m’a fait découvrir l'expressivité du geste en musique et le yoga, m'apprenant à écouter mon corps pour laisser émerger ce qui cherche à s'y exprimer.
Le sentier s’est élargi vers le Qi Gong et la MBSR, y rencontrant une qualité de présence plus silencieuse et intérieure, puis vers l’hypnose et la sophrologie, mes outils professionnels d’accompagnement actuels. C'est ainsi que j’ai compris qu’un mouvement peut raconter une histoire et que le corps possède une intelligence émotionnelle qui ne demande qu’à ouvrir les portes de l’imaginaire et du monde intérieur.
La méthode Feldenkrais s’est ensuite imposée comme une rencontre essentielle. Elle nourrit mon goût de l’exploration, la finesse du mouvement, l’émerveillement devant l’intelligence du vivant et la conviction que chacun.e possède des ressources infinies pour apprendre et se transformer.
Aujourd’hui, ma pratique professionnelle des arts vivants au sein de la “Compagnie au Cœur Tendre” place la corporalité et la narration au centre de ma recherche artistique. À travers le clown et la marionnette contemporaine, j’articule le dialogue nécessaire entre le geste habité et l’impulsion du mouvement, pour que la matière s’anime, devienne un double de l’humain et porte le récit.

3. Que t'apporte l'enseignement? Et pourquoi Ton sur Ton?
Enseigner, c’est ouvrir un chemin plutôt que montrer une direction. C’est inviter à explorer, ressentir, expérimenter, se tromper, recommencer et parfois rire de ses propres habitudes corporelles. J’aime accompagner les personnes jusqu’au moment où elles (re)découvrent leur propre potentiel d'apprentissage.
Dans la méthode Feldenkrais, les grandes transformations naissent souvent de gestes minuscules. Un mouvement devient plus facile, une respiration plus libre, une sensation nouvelle apparaît et, parfois, c’est tout un paysage intérieur qui se transforme. Ce qui me touche, c’est de voir naître cet émerveillement de sentir que quelque chose devient possible, simplement parce qu’on a appris à écouter son corps autrement.
Aujourd’hui, retrouver le studio de la rue de l’Évole, devenu Ton sur Ton, résonne en moi de manière toute particulière. Comme si le sentier emprunté adolescente dessinait, des années plus tard, une boucle inattendue. Travailler à Ton sur Ton est une évidence: on y cultive autant l’art de bouger que celui d’être pleinement soi-même, faisant converger le mouvement, le bien-être, la créativité et l’expression artistique.

4. Et quand tu n’es pas à Ton sur Ton?
On peut me trouver…
Dans une forêt, à respirer l’odeur des sous-bois pour faire germer l'inspiration. Dans l’eau, à aligner les kilomètres en laissant le mouvement décanter mes visions créatives. Dans mon atelier, à danser librement pour expérimenter et donner vie à mes projets. Devant mon ordinateur, à structurer et transmettre mes outils pédagogiques où dialoguent l’art et la corporalité.
Au sein de mon cabinet “L’Art de l’Équilibre”, à accompagner les personnes par le récit et l’exploration psychocorporelle vers leur propre chemin d'harmonie.
Au fond, la petite fille aux rêves de cavalière, d'infirmière et de Petit Rat esttoujours là. Elle explore aujourd’hui le monde avec son expérience, un pinceau à la main, une marionnette et un nez de clown, habitée par le même émerveillement devant tout ce qui met le vivant en mouvement.

rien
vide
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