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Laura Belgrano

© Tchiana Mobica

Laura Belgrano

Reliance parents-enfants

1.Enfant tu rêvais de…
Enfant, je rêvais de danse et de musique, plus principalement de chant. Petite fille, je me rappelle aussi avoir été attirée très vite par le ciel et la lune, d’où mes questions existentielles déjà présentes comme « Qu’est-ce que je fais là? » et « Qui je suis? », d’où un chemin de recherche introspectif qui s’était déjà installé.

2.Ton parcours en quelques mots…
Petite, je dansais partout, mais c’est par la gym aux agrès que j’ai commencé. Enfant kinesthésique, je me suis rencontrée par l’expérience sensorielle de mon corps et très vite j’ai intégré mes premiers cours de danse à Neuchâtel. À l’adolescence, la danse prend une plus grande place et je commence à l’étudier en profondeur aux côtés de Melinda Stämpfli, puis je décide de partir à Paris rejoindre la formation de Rick Odums. À Paris, je rencontre la danse moderne, le Graham et surtout le travail au sol et je comprends que c’est dans cette forme de danse que je me sens le plus à ma place. Alors j’intègre le ballet junior « SEED » de la compagnie Cobosmika en Espagne et y reste 1 an. D’autres formations viendront compléter ma curiosité au fil des années et je me forme auprès de stages dans le monde entier jusqu’à décrocher un premier contrat aux Pays-Bas au sein de la Conny Janssen Danst Cie. Mon histoire s’écrit dans le milieu professionnel et je travaillerai avec diverses chorégraphes : Lana Coporda, Roberto Olivan, Sarah Baltzinger, Steven Michel et aussi l’artiste plasticien Théo Mercier autour d’une pièce qui changera ma vie, « Big Sisters » en 2020.
En parallèle, je rentre en Suisse, 10 ans après mon départ, et j’ouvre de nouvelles collaborations locales dont la Cie les Mondes Transversaux, dans laquelle je vais tisser un lien très fort avec le danseur et chorégraphe Pierre-Yves Diacon.
Inspirée très fortement du travail de Margaret N.H Doubler, je décide de transmettre et d’ouvrir mes premiers cours de mouvement en Suisse au sein de la formation préprofessionnelle du TPR en collaboration avec le Conservatoire de Musique Neuchâtelois.
Je vais comprendre très rapidement que mes cours touchent tout le monde et non pas que les danseurs. Ainsi naît naturellement une professeure de danse éducative en mouvement pour les non-danseurs et suit le courant de pensée que la danse est un outil en soi pour élever tout être humain car, quand elle est comprise, elle devient le domaine de tout être humain. Chercheuse et exploratrice de mes mondes sensibles, je continue alors de voir la danse comme le billet de quelque chose de plus grand et j’ai la joie immense de participer à un livre aux côtés de Carole Baudoin qui viendra nourrir explicitement tout ce en quoi je crois dans une exploration ethno-chorégraphique de nos corporalités contemporaines.
Aujourd’hui, je continue de penser la communauté de la danse mais de manière différente. Maman de Solal, 3 ans, c’est avec lui qu’elle continue le plus d’exister et mes projets personnels se font plus silencieux pour créer de la place à de nouveaux rêves.

3. Que t’apporte l’enseignement? Et pourquoi Ton sur Ton?
Les nouveaux ateliers de Reliance parent-enfant naissent de ce parcours et surtout de mes espaces de transmission autour de la danse éducative, une expérience artistique créative en mouvement. J’adore être gardienne de l’espace dans un studio, telles des bulles du sensible où le vivant est au cœur de l’expérience, où la présence de l’autre permet déjà qu’il se passe quelque chose en soi-même et c’est dans ces espaces où l’on apprend, partage avec l’autre, que vient naturellement se nourrir notre danse. Alors c’est un moment où je me sens privilégiée de partager mon bagage artistique et humain car il n’y a que là où je sens cette forme d’apprentissage collectif. Ton sur Ton, c’est un peu comme une grande famille, j’y sens beaucoup de passion et de disciplines différentes, ce qui offre un enseignement inclusif et qui essaye de n’oublier personne dans la communauté artistique.

4. Et quand tu n’es pas à Ton sur Ton?
Quand je ne suis pas sur Terre, je suis beaucoup dans l’eau. Je suis praticienne de Watsu/Wata en devenir et je travaille avec Aux Origines. Je passe aussi beaucoup de temps dans des jardins à l’esprit communautaire et j’adore me promener dans la nature avec Solal, au rythme de l’enfance. Et je me remets à chanter…

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