Annjali Shah

© Shashin Garach

Annjali Shah

Danses indiennes

1. Enfant tu rêvais de...
Petite, je souhaitais devenir clownette... J’aimais surtout l’idée de rendre les gens heureux autour de moi et de les faire sourire. Ensuite, j’ai goûté à la danse indienne... L’esthétique, la grâce, la finesse, les couleurs, l’élégance et l’harmonie de cet art m’ont totalement séduit. Je me suis rendue compte que la danse indienne pouvait aussi rendre le public ou les élèves heureux...

2. Ton parcours en quelques mots...
J’ai grandi en admirant les photos de ma grand-mère Adélaïde Lanfranchi, qui était la première partenaire de danse du chorégraphe de danse indienne Uday Shankar. J’ai aussi appris à créer des spectacles grâce à ma mère Brigitte Shah qui est la fondatrice du Théâtre de Marionnettes La Cardamone, à Auvernier et qui aujourd’hui tourne ses spectacles avec le Théâtre Shantala, à Bevaix. Puis, à 19 ans, je suis partie à Ahmedabad, la ville d’origine de mon grand-père Shantilal Shah pour y découvrir et apprendre la danse Kathak au Kadamb Dance Center. J’ai eu la chance d’apprendre auprès de Sandhya Desai. Elle est une disciple de Kumudini Lakhia qui a créé une vision moderne de la danse Kathak où l’on utilise beaucoup l’espace et la sobriété dans les gestes. A 21 ans, j’ai commencé à me perfectionner avec Sharmila Sharma en Suisse et en France. Sharmila est une disciple de Birju Maharaj et Rajendra Gangani. Grâce à elle, j’ai beaucoup appris du style de Lucknow Gharana, qui est si gracieux, fin et classe. En Inde, lorsqu’on apprend auprès d’un maître, il ou elle nous accompagne toute notre vie. Je considère Sandhya et Sharmila comme mes deux maîtres.
En parallèle à cet apprentissage, j’ai fait plusieurs formations professionnelles en Suisse : Akar, Dance Area, Le Marchepied. J’ai également fait des séjours de 6 mois en Inde: Kadamb Dance Institute, Darpana Academy for Perfoming Arts, Attakkalari. J’ai aussi participé à des stages de danse, notamment avec Akram Khan Company et à la Scuola Teatro Dimitri.
Maintenant, je développe mon propre style de danse que j’appelle «Danse Indienne»: j’y ajoute une pincée de danse Bollywood pour que cela soit plus enjoué pour les élèves et un zeste de danse contemporaine pour que cela soit actuel. Mais il m’est très important que l’atmosphère reste indienne et que mes chorégraphies soient agréables, colorées et harmonieuse à danser.

3. Que t’apportes l’enseignement? Et pourquoi Ton sur Ton?
L’enseignement fait partie de la vie d’une danseuse. En partageant les trésors qu’on a reçus de nos maîtres, ceux-ci peuvent continuent d’exister à travers des générations. En observant nos élèves, on arrive à mieux intégrer les
gestes et donc on mûrit aussi en tant que danseuse. Cela me donne beaucoup de satisfaction de voir les élèves évoluer, de les voir s’épanouir comme des fleurs, certaines même devenir des artistes professionnelles...
Je suis dans ces locaux, car c’est ici que j’ai appris la danse et cet endroit m’a toujours beaucoup inspiré. J’aurai enseigné à JC Equilibre, Danse Equilibre et maintenant à Ton sur Ton.

4. Et quand tu n’es pas à Ton sur Ton?
Je concocte une nouvelle création artistique avec Dilwale, ma propre association pour créer des spectacles de danse indienne. Je tourne l’une de mes créations scolaires dans les écoles primaires de la région. J’enseigne la danse indienne à la Kulturfabrik, à Bienne ou à Shantikunj, à Corcelles. Je dessine ou crée un album pour les enfants sous le pseudo de Dji-Illustrations. Si j’ai vraiment du temps libre, j’aime passer du temps avec ma famille ou je jardine dans mon jardin magique...